
De Montevideo à Colonia
On vous embarque dans notre semaine uruguayenne
Entre dortoirs qui sentent le vécu, BBQ de bitcoiners sur un toit en chantier et deux séances de kendo qui nous laissent de jolis bleus… On en garde de très beaux souvenirs et on aura fait des rencontres inoubliables.

Samedi 18 octobre
On quitte notre première auberge, la Casa Vegana, pour rejoindre la Casa Copada dans un autre quartier. Trente minutes de marche sous un soleil déjà lourd, sac à dos sur les épaules.
La Casa Copada, c’est un vieux bâtiment avec un billard bancal, une cuisine où traînent trois casseroles et un frigo qui ronronne comme un vieux chat. On réserve deux lits superposés dans un dortoir de quatre. Le plancher craque, les draps sentent la lessive bon marché… et on tombe complètement sous le charme du lieu.
Mission du jour : traquer les deux commerces « Bitcoin » tagués sur btcmap.
- Cell Ternier: boutique de réparation de smartphones
- Satoshi Crossfit: salle de crossfit
Rideau baissé pour le premier, patron absent. Pour le deuxième, le coach ne parle pas très bien anglais. On décide de retenter notre chance lundi. Prochaine fois, on s’organisera mieux !
Grâce à ce changement de quartier, on découvre le Montevideo « moderne » avec ses gratte-ciel et grandes avenues. Nos estomacs crient famine : pause empanadas pour goûter les saveurs locales. Pas mauvais, mais il en faut plusieurs pour nous rassasier !
On flâne ensuite dans les rues et on tombe sur « La Llamada del Patrimonio », un défilé de danseurs et de Candombe avec ses grands tambours, très populaire en Uruguay.

On est assez surpris par l’organisation… ou plutôt la non-organisation ! Ni barrières, ni horaire précis, des marchands de boissons et de nourriture un peu partout. Il va falloir s’habituer à l’ambiance sud-américaine, mais on adore déjà ce joyeux désordre.
Les tambours de Candombe cognent dans la poitrine, les danseurs défilent, les voitures klaxonnent en faisant demi-tour. On s’achète un « hamburgersa » (pain, steak, œuf, fromage, tout qui déborde) et on danse au milieu de l’odeur de cannabis qui embaume la foule. Ici c’est légal et visiblement ça ne gêne personne.
À 20 h, direction un rooftop d’un appartement en travaux. Après quelques messages sur les réseaux, on est invités à un Assado (BBQ typique sud-américain) pour un meet-up de bitcoiners. Thomas est aux anges : c’est exactement comme ça qu’il imaginait l’aventure Bitcoin en Amérique du Sud !
Ambiance bon enfant, on y retrouve même le gérant de Cell Ternier. On discute en baragouinant entre espagnol et anglais de l’adoption de Bitcoin en Uruguay et de notre aventure naissante. On rentre à 1 h du matin avec une odeur de feu de bois collée à la peau.
Arrivés à l’auberge, c’est le drame : la serviette qu’on avait étendue a disparu ! Notre précieuse serviette technique Sea to Summit… On en dort mal de la nuit.
Dimanche 19 octobre
Plus de peur que de mal ! Le staff nous rapporte la serviette pliée : « On l’a rangée pour ne pas qu’elle s’envole ». Bisous collectifs, ouf !
À 10 h, direction la Feria Tristán Narvaja, le grand marché local : un fleuve humain de 3 km. Fruits et légumes, vinyles, ustensiles pour le maté… On y trouve de tout. On chinera deux stickers « Uruguay » pour les motos et une vieille semeuse de 5 F pour 2 euros.
De retour à l’auberge, au moment où on décide de sortir, on s’aperçoit que le cadenas du casier est bloqué. Thomas improvise avec une visseuse et un marteau. Une heure plus tard, le cadenas gît en morceaux. Victoire… mais l’après-midi est annulée. Première tuile du voyage !
Lundi 20 octobre
13 h : pique-nique au Parc Rodó. On traverse le rambla sous un soleil de plomb et on découvre une piste de roller derby (mon cœur fait un salto !). Le parc est joli, mais pas exceptionnel. On croise deux Français qui pleurent leurs motos bloquées au port… visiblement on n’est pas les seuls.


À 16 h, rendez-vous à Satoshi CrossFit. Andrès, un « corps sain dans un esprit sain », nous explique : « Bitcoin, c’est d’abord une philosophie. » Encore une superbe rencontre qui vient enrichir notre carnet d’adresses.
À 19 h 30 : notre premier cours de kendo en Amérique du Sud au Yamato Dojo – Uruguay Budokan. Le dojo est sublime ! On nous prête bogu et shinai. C’est le cours débutants, on sent que les techniques ne sont pas encore très assurées… on va prendre quelques bleus, mais on s’éclate ! On rentre à minuit, encore tout vibrants.
Mardi 21 octobre
Ce matin, on se réveille le corps fatigué. Matinée calme : Thomas monte la vidéo de Satoshi CrossFit.
En début d’après-midi, rendez-vous au Flor de Kaffee. On y retrouve trois voyageurs à moto : Justine, Thibault et sa femme. Ils sont confrontés aux mêmes galères portuaires que nous. On rit, on compare nos projets, on a tous hâte de retrouver nos motos !


Ce soir, on retourne au Yamato Dojo pour le cours de kendo avancé : beaucoup plus précis et intense, un vrai régal. On est même invités à participer à l’entraînement avec la sélection nationale ! On jubile. On rentre à 1 h et on s’endort en rêvant d’ippon.

Mercredi 22 octobre
Adieu Montevideo. On prend un bus pour Colonia del Sacramento.
Avant de partir, on dépose une valise chez Wave, notre transporteur. On rencontre Rachida qui est dépitée : « Jamais vu ça, un mois de grève portuaire… ». Au fil de la discussion, une idée fuse : let’s go to Buenos Aires SANS motos.

Arrivée à Colonia vers 16 h après 2 h de bus. On a les crocs ! On se fait un restaurant pour goûter notre premier Chivito (steak, jambon, fromage, œuf, bacon, salade et frites). Un pour deux, c’est largement suffisant !
Colonia est un vrai décor de carte postale : pavés, lampadaires en fer forgé, murs rose bonbon, vieilles voitures… C’est très sympa, mais très touristique.
Le soir, on boit une bière dans le jardin de l’auberge Viajero Hostel. On savoure la chambre privée après quatre nuits de ronflements collectifs.
Jeudi 23 octobre
Petit-déjeuner sous les palmiers. On lave nos chaussettes dans la douche (c’est aussi ça, le voyage en itinérant…). On se balade dans les rues de Colonia et on fait une sieste sur la plage. On est bien !
Il fait très chaud. Pour le goûter, on commande une glace… mais on n’est pas encore habitués aux portions locales : on se retrouve avec une glace géante !
À 17 h, message WhatsApp de Rachida : « Motos livrées le 15 novembre ». On calcule : un mois de retard. On râle un peu, mais on relativise. Le programme qu’on s’est concocté à Buenos Aires est alléchant : kendo, meetups Bitcoin, soirée Halloween… on ne va pas s’ennuyer !
À 19 h, on tente un rooftop pour admirer le coucher de soleil, mais les nuages jouent avec nos nerfs… La bière est quand même bien appréciée.
À 21 h : coquillettes-jambon, un plat réconfortant pour se remonter le moral. On range les sacs et on s’endort en rêvant de Buenos Aires à pied.
