
Pichilemu, Bitcoin et van Volkswagen : cinq jours sur la côte chilienne
« Il y a des pauses qu'on choisit. Et puis il y a les autres. »
Après avoir réparé les motos à Constitucíon, direction le nord en longeant le Pacifique, avec un programme simple : avancer doucement, laisser le pied récupérer et ne forcer sur rien. On aura quand même croisé des marais salants, un van Volkswagen converti en ambassade Bitcoin et quelques passages ensablés imprévus.
Le perfectionnisme de Teo et un départ un peu compliqué.
La matinée commence bien chez Teo. Jusqu'à la dernière minute, il bichonne les motos : entretien des chaînes et graissage de tout ce qui doit bouger correctement. Le genre de finition qu'on ne demande pas et qu'il fait par réflexe de bon mécanicien. On papote un peu avant de repartir avec les machines en parfait état.

En revanche, arrivés à l'hôtel, le chargement des motos tourne rapidement au casse-tête. Le marché envahit toute la rue de l'hôtel et les carabineros sont postés au pied de l'immeuble: impossible de se garer n'importe comment. On n'a pas d'autre solution que de faire des allers-retours depuis le parking situé à 300 m. Adeline enchaîne les rotations pour soulager Thomas et épargner sa cheville. Celui lui vaudra un gros coup de chaud. Vers midi, tout est chargé, les motos sont prêtes... et Thomas réalise qu'il a oublié ses sacoches avant chez Teo. Dernier aller-retour, et on décolle pour de bon à 13h.
Iloca, piste côtière et sel de Cahuil
On décide de rouler un peu avant de s'arrêter manger. On passe à Iloca, village côtier tranquille en fin de saison : magasins fermés, terrasses désertes. Ce n'est pas désagréable, ça doit être la folie en plein été. Le restaurant avec vue sur mer qu'on avait repéré est fermé. On finit par s'arrêter un peu plus loin dans un restaurant de poisson, pour le plus grand plaisir de Thomas... mais le fish and chips est parfait !
On repart vers 15h30. À force de longer le Pacifique, on se retrouve sur une piste côtière qui n'était pas vraiment au programme. Thomas n'est pas très assuré avec la cheville et Adeline surveille. Une côte raide avec cinq lacets, des passages ensablés par endroits, mais on passe. Au sommet, un spot avec vue sur l'océan. Waouh. On n'avance pas vite, mais on est ravis de s'être aventurés par là.

On récupère ensuite le goudron et on passe par Cahuil. Le village vit du sel depuis des générations, les marais s'étendent à perte de vue et le travail se fait encore en grande partie à la main. On n'a pas le temps de s'arrêter vraiment, mais le paysage est très typique.
Pichilemu, la capitale du surf.
On arrive à Pichilemu vers 18 heures. Cette ville est reconnue comme la capitale mondiale du surf, en tout cas au Chili. On a décidé de s'y poser quelques jours pour poursuivre la convalescence de Thomas. On a réservé une chambre dans une auberge de jeunesse et en arrivant sur place on a une bonne surprise : il s'agit d'un grand bâtiment lumineux avec des espaces communs bien pensés (hamac, baby-foot et salon télé). Cerise sur le gâteau: on a notre propre chambre.
Bien évidemment, en arrivant sur place, tout le monde nous demande si on fait du surf. Ils ne comprennent pas trop comment on a pu débarquer là sans être des aficionados du surf, mais de notre côté, on est assez ravi de pouvoir profiter des grandes plages de sable pour se reposer et peaufiner la mise à jour du site internet. On en profite également pour produire un peu de contenu pour les réseaux sociaux et notamment finaliser la vidéo des 6 mois de voyage.

Mike et le van « Bitcoin machine »
Avant d'arriver à Pichilemu, Thomas avait contacté Mike de l'ONG Bitcoin Chile et "Satoshilemu" grâce à l'application Club Orange. Satoshilemu, c'est un projet local pour développer l'usage du Bitcoin dans la ville, sur le modèle des communautés circular economy qu'on trouve dans quelques coins du monde. Mike nous propose un déjeuner, on le rejoint vers 14 heures au Pulpa Restaurant.

Mike débarque en fanfare à bord de son van Volkswagen retapé, sobrement baptisé « Bitcoin machine ». Vieux van, belle gueule, il envoie. On passe plus de deux heures à table à parler Bitcoin, voyage et Chili. Puis il propose de nous emmener faire le tour des commerces de Pichilemu qui acceptent Bitcoin. On embarque dans le van, c'est parti pour une visite touristique VIP. Après avoir fait le tour de la ville, il nous emmène à la Punta de Lobos, pointe rocheuse au-dessus de l'océan où se déroulent des compétitions de surf internationales. IL y a un grand brouillard ce jour là, mais le cadre reste beau. On passe aussi du côté des marais salants de Cahuil. Il nous explique la spiritualité particulière du coin, l'histoire du sel, les surfeurs du monde entier qui font le déplacement. On rentre vers 19 heures avec une invitation à manger des burgers le lendemain. Rendez-vous pris. Thomas rentre quand même avec le pied douloureux, alors qu'on n'a pas vraiment marché.



Cheville, moral en berne et attelle de fortune
Le samedi matin, la météo du moral n'est pas terrible. Thomas a mal dormi, le pied est sensible, et ça commence à peser vraiment. Cinq mois que ça dure depuis la mauvaise chute dans la Payunia. On fait un tour à la pharmacie pour trouver une attelle, il teste un modèle sans grande conviction et le résultat n'est pas franchement satisfaisant. On peut comprendre que Thomas ronchonne.
On décline finalement l'invitation de Mike à sortir le soir. L'envie n'est pas là. On décide également de repousser le départ au lundi : il est trop tôt pour envisager du hors-piste avec une cheville dans cet état. Autant prendre 290 km de goudron en une journée jusqu'à Santiago et gagner un jour de récupération.
Blog, burgers et bagages bouclés
Le dimanche, même programme. Thomas finalise les derniers articles du blog avant le grand lancement. On apprécie d'avoir du temps pour mettre à jour le blog et l'alimenter. Même si on capitalise sur le journal de bord tenu par Adeline, cela prend du temps de tout refondre, relire et publier. Vu qu'on a du temps en ce moment, on en profite pour avancer.


Le soir, pour nous récompenser de tout le travail abattu, on décide de se faire un petit plaisir et d'acheter de burgers chez Bit.Burger: la déco est entièrement dédiée à Bitcoin, sympa ! Adeline finit la soirée autour d'une partie de jeux avec les volontaires de la Casa Kuyen, un moment convivial avant le départ. Avant minuit, les affaires sont rangées: demain on reprend la route pour de bon, direction Santiago !
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