
De Chajari au Paraguay : gadoue et première chaleur tropicale
Reprendre la route : les premiers kilomètres sont rarement faciles
On quitte Chajari avec un mélange d’excitation et d’appréhension. Sergio nous accompagne sur les premiers kilomètres de la Ruta 14, route défoncée et encombrée qui met immédiatement Thomas à l’épreuve. On bifurque vite sur des pistes plus tranquilles… jusqu’au premier vrai piège.
Une flaque anodine se transforme en marais. La moto s’enfonce jusqu’aux essieux. Sacoches enlevées, moto couchée sur le côté, une heure de sueur et de gadoue plus tard, on la sort enfin. Au moment où on triomphe, une vieille Peugeot 205 traverse tranquillement la même flaque sans ralentir. L’humiliation est totale.


L’après-midi, on traverse les trois flaques sans broncher, puis on enchaîne une séance de conduite dans le sable et un demi-tour forcé (la trace GPS passait au milieu d’une caserne militaire). Les Argentins restent adorables : une voiture s’arrête pour nous proposer de l’aide si besoin.
On termine la journée à Paso de los Libres, épuisés, sales et heureux d’avoir une douche et un lit.
La terre rouge qui ne pardonne rien
Le lendemain, la pluie de la nuit a transformé les chemins en patinoire de terre rouge. On tente quand même. Une voiture nous prévient : « c’est comme ça pendant 30 km ». On poursuit… jusqu’à la chute d’Adeline dans le sable mouillé. Genou douloureux mais rien de grave. Après 10 km en 1h30, on rend les armes et on fait demi-tour.
On reste finalement sur la Ruta 14 jusqu’à Apostoles, où la ville nous accueille avec ses décorations de Noël. Petite victoire morale.

Passage de frontière sous la pluie
Le jour suivant, la pluie nous accompagne dès le matin. On lave les motos (erreur fatale), puis on prend la route sous une averse qui rend tout invisible. Tenues waterproof qui fuient, doubles dangereuses, visibilité nulle… on arrive trempés à la frontière de Posadas / Encarnación.
En moto, on remonte la file. Côté argentin, formalités rapides. Côté paraguayen, c’est plus artisanal : documents remplis à la main sur papier carbone, stagiaire concentré pendant que le chef tente de marier sa collègue avec Thomas (« elle rêve d’un cousin français ! »). Trente minutes plus tard, on est officiellement au Paraguay.
Bienvenue au Paraguay : chaos joyeux et prix imbattables
Encarnación nous plonge immédiatement dans un joyeux bordel frontalier : cris de « ¡Cambio, cambio ! », vendeurs d’essuie-glaces, magasins de pneus et supermarchés partout. On slalome jusqu’au logement, on enlève les vêtements mouillés et on ressort faire des courses.
78 000 guaranis pour un plein de provisions… dix euros. Le Paraguay est officiellement très bon marché.
Le lendemain, journée repos à Encarnación. Rendez-vous avec Louis et sa compagne dans un resto chic où le plat coûte cinq euros. On discute voyages, puis on affronte une vague de chaleur tropicale bien plus violente qu’au Vietnam. On transpire à grosses gouttes le long du fleuve Paraná, on trouve des tenues de pluie pour 35 € les deux, et on finit par se réfugier à l’hôtel.
Ces quelques jours ont été intenses : galères de piste, chutes, gadoue, pluie, chaleur étouffante… mais aussi de belles rencontres, des rires et cette sensation grisante d’arriver dans un nouveau pays.
Le Paraguay nous a déjà séduits par sa gentillesse, son désordre joyeux et ses prix ridicules. Prochaine étape : découvrir ce pays encore méconnu des motards.
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