Paraguay et chutes d’Iguazu : Noël sous 35 °C et impressions contrastées sur Asunción
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Paraguay et chutes d’Iguazu : Noël sous 35 °C et impressions contrastées sur Asunción

Le matin où l’on quitte Encarnación, on charge les motos et on met le cap au nord. On a rendez-vous chez Le Chef Cédric, un Français installé au Paraguay qui tient un gîte-restaurant, on prévoit d’y fêter Noël. La sortie de la ville nous surprend : l’urbanisation s’étire sur des kilomètres avec des commerces et des stations-service presque tous les cinq cent mètres, on ne risque pas de tomber en panne d’essence ici ! Et surtout, les routes sont envahies par cette terre rouge, caractéristique du pays qui recouvre même jusqu’au panneaux de signalisation.

Jesuit mission

On s’arrête aux ruines de la Santísima Trinidad de Paraná, site UNESCO d’une ancienne mission jésuite.Sous une chaleur humide étouffante, on visite en transpirant abondamment. Au cours de la visite, on se fera chasser par un oiseau protecteur de son nid! La pause est belle, même si on apprécie de retrouver un peu d’air en roulant. On déjeune rapidement et on poursuit la route en évitant la pluie la majeure partie de la journée. On arrive au gîte en fin d’après-midi et on termine la soirée autour d’une fondue savoyarde en discutant avec deux Bretons arrivés juste avant nous, qui voyagent en van depuis quatre mois.

Noël tropical

Le lendemain, c’est Noël sous 35 °C et un taux d’humidité difficile à supporter. Cédric a préparé un menu spécial avec charcuterie, barbecue et dessert. L’ambiance est agréable avec les autres Français, mais avec Cédric on sent que tout est sujet à commerce, et à 50 € par personne, on s’attendait à mieux, bref… On passera quand même un bon moment dans un plan d’eau histoire de se rafraichir un peu puis on planifie notre excursion aux chutes d’Iguazu. On décide finalement d’y aller à deux sur l’himalayan, ce qui sera le plus simple pour faire le trajet et passer la frontière.

La journée magique des chutes d’Iguazu

Réveil à 6 heures. La barge prévue n’est pas ouverte ce 26 Décembre zut… on doit faire un gros détour, passer par le Brésil puis l’Argentine par la route pour arriver aux chutes. On traverse Ciudad del Este et on gère les frontières en expliquant qu’on fait un aller-retour sur la journée, sans faire de TIP. Visiblement ici les douaniers ont l’habitude. Les passages de frontière sont quand même chaotiques : slalom moto, attente, et un vrai sketch à la sortie où de petites motos locales nous doublent à toute vitesse sur le terreplein étroit.

Iguazu 1
Iguazu 2

Une fois sur place, la chaleur est écrasante. On suit les circuits inférieur et supérieur, puis on prend le train gratuit jusqu’à la Garganta del Diablo. Le spectacle est hallucinant : l’eau qui tombe avec une force incroyable, la brume, le bruit… c’est véritablement hypnotisant et le paysage paradisiaque. On repart en fin d’après-midi, on repasse les deux frontières sans trop de souci (même si le retour en moto est sportif) et on termine la journée épuisés mais heureux d’avoir vécu ce moment.

Route monotone et rencontre avec Loki

Après cette belle journée, on quitte le gîte de Cédric. La route vers l’ouest est droite et sans grand intérêt. On s’arrête dans un petit hôtel charmant à Coronel Oviedo où on profite d’une bière sur la terrasse et d’une boisson traditionnelle sucrée offerte par la propriétaire. On découvre aussi que le guarani est la langue principale ici, ce qui explique nos difficultés de compréhension.

Le jour suivant, on rejoint un camping tenue par un couple d’allemands près de Caacupé, avec piscine, hamacs et une atmosphère conviviale. Chris, le propriétaire, nous propose même de nous emmener faire des courses! C’est là qu’on rencontre Loki, le singe de la maison. Au début, on trouve ça drôle : il grimpe sur Thomas, mange dans son assiette, fait le spectacle. Rapidement, ça devient fatigant: il ne le lâche plus pendant deux jours. Dès qu’il nous aperçoit… il vient à notre rencontre, impossible de s’en séparer!

loki
reparation spy

Galères mécaniques au camping

On reste deux jours au camping pour faire réparer l’Himalayan. Il n’y pas grand chose, juste un joint spi qui fuit mais la mécanique tourne au cauchemar : un outil cassé dans une vis par le garage précédent, un axe de roue serré comme une brute… on enchaîne les problèmes et les outils cassés. Chris nous aide comme il peut en cherchant des clés et en restant disponible. Malgré la frustration et la chaleur, nous passons un super moment convivial et la moto finit par être réparée. On peut repartir soulagés.

Asunción, une capitale vide et déroutante

Le 31 décembre, on arrive à Asunción. La ville nous surprend par son calme : il n’y a presque personne dans les rues pour le Nouvel An. Il s’avère qu’au Paraguay, le nouvel an est une fête familiale et paisible, très différente de ce qu’on imaginait. On passe donc la soirée avec un groupe de jeunes Français rencontrés via internet sur la Costanera. Alors qu’on est seul une bonne partie de la soirée, vers 23h les paraguayens commencent à se montrer, à lancer des pétards et à minuit on assiste à un florilège de feux d’artifice sur la plage!

palais asuncion

Les jours suivants, on découvre une capitale étrangement déserte pendant les fêtes. Les rues sont vides, les commerces fermés, et on a du mal à ressentir l’âme de la ville. On visite le Palacio de los López et quelques bâtiments, mais on trouve l’ensemble assez détérioré et sans grand charme. On tente une sortie vers le lac Ypacaraí près de San Bernardino, mais c’est un calvaire : il fait une chaleur écrasante et il y a des embouteillages, visiblement tout le monde à quitté la ville pour venir ici. Arrivés sur place on découvre que c’est impossible d’accéder au lac, et on rentre frustrés après avoir échappé de peu à un accident: oui, ici la conduite est approximative! Pour finir, on réalise qu’on a oublié d’acheter nos stickers du Paraguay. Il y des jours comme ça..;

palais asuncion

On ressort aussi déçus des malls modernes qui ressemblent à des versions américaines. Nous aurons quand même passé une bonne soirée de meet-up entre Bitcoiners, grâce à Ernesto, fondateur de Escualita Bitcoin.

Le contraste entre le Paraguay rouge et sauvage et cette capitale qui nous semble construite pour les expatriés est saisissant.

On aurait bien aimé pouvoir découvrir plus en profondeur le Paraguay, et notamment le nord, mais malheureusement, à cause de la pluie, les chemins de terre rouge sont difficilement praticables, trop glissant à moto, et on fait le choix de ne pas s’engager dans cette galère: on a d’autres merveilles à découvrir.

Ernesto

Un Paraguay contrasté

Ces dix jours ont été intenses. On garde de très beaux souvenirs des ruines jésuites, de la puissance des chutes d’Iguazu et de la gentillesse de Chris au camping. Mais on emporte aussi la fatigue de la chaleur humide, les galères mécaniques et un goût mitigé sur Asunción. Le Paraguay nous a montré plusieurs visages : authentique et coloré sur les routes, plus commercial ou impersonnel dans certains endroits. On repart vers le sud avec l’envie de continuer l’aventure, en espérant que la suite nous réserve de nouvelles belles surprises.


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