
Kendo et vis perdue: 1500 km jusqu'à Mendoza
On cherchera une petite vis pendant une heure et demie dans la nuit noire d'un camping argentin. Quand Thomas la retrouvera enfin, on rira. C'est ça, le voyage : apprendre à rire de nos galères.
Quinze jours de route entre le Paraguay et Mendoza. Du tout droit, des pistes, des dojos de Kendo, des ateliers mécaniques, et quelques galères mémorables.
Retour en Argentine
Quand on repasse la frontière paraguayenne, c'est encore un peu confus: dans quel ordre doit-on enchaîner les guichets un peu éparpillé ? On a peur que les douaniers n'enregistre pas bien notre sortie du territoire donc dans le doute on prend des photos. Mais surtout, après avoir passé la frontière Argentine, on prend en photo l'indispensable TIP, au cas où on le perdrait sur la route.
Premier arrêt à Clorinda. C'est dimanche, tout est fermé. On tourne en rond avant de tomber sur une rôtisserie qui accepte de nous installer une table à côté de la boutique. Poulet, salade, gâteau de maïs : c'est délicieux, la sauce est excellente. Le cuisinier sort son téléphone pour nous montrer ses photos de voyages. On s'attendait à des paysages, mais non : lui devant une fontaine, lui devant le casino, lui devant la place principale. Trop drôle.
Ensuite, c'est parti pour 100 km de tout droit jusqu'à Formosa. Pas dingue, mais passage obligé. Le soir, une Argentine francophone nous accoste en faisant nos courses et nous invite à un bingo chez elle. On achète une bouteille de vin rouge et on attend le message avec l'adresse: il n'arrivera jamais. À 21h30, l'annulation tombe. On se retrouve avec une bouteille de rouge à boire à deux, un peu "pompettes", on fait une vidéo pour les copains, et hop au lit.

Le Kendo comme fil rouge
Si on devait retenir un truc de ces quinze jours, c'est ça : le Kendo nous a ouvert des portes qu'on n'aurait jamais poussées autrement et qu'on pratique en France ou en Amérique latine, la bière après l'entrainement est une coutume internationale.
Santa Fe, Rosario, Córdoba : cinq dojos en deux semaines, gros programme. Thomas est frustré de ne pas pouvoir pratiquer, surtout a Santa Fe où l'on retrouve les membres de l'équipe nationale qui nous avaient impressionnés lors du CLAK à Santa Clara del Mar.
À Rosario, Ariel nous prête son appartement pour deux jours. Il va chercher un goûter à la boulangerie avant le cours, nous emmène au dojo, nous ramène.. On décide de cuisiner un bon repas pour le remercier de son hospitalité : poulet gingembre sauce soja. On repartira avec deux tenuguis du club, on commence à les accumuler, on va finir par ne plus avoir de place sur les motos.

Córdoba : la chasse aux pièces
À Córdoba, on devait surtout faire les premières vidanges du voyage sur les motos, un peu compliqué pour trouver des joints même à la concession officielle Royal Enfield. Finalement, on trouve notre bonheur dans un magasin de bricolage et on en profite pour faire le stock de o-rings pour les deux motos. Un saut à Team Motorace pour se procurer tout le nécessaire (huiles et filtres), on papote moto et voyage et on finira sur Instagram avec notre meilleur espagnol approximatif !
Team Motorace nous envoie chez leur mécanicien A92 pour réviser les motos. Ils veulent offrir la main-d'oeuvre mais on est gêné alors on finit par payer une moto sur deux, et on repart avec un sticker du garage sur les motos.



Une fois l'entretien réalisé, on profite de notre séjour pour visiter la ville: la Manzana Jesuitica, la cathédrale qui est impressionnante. Etc. On fait une balade jusqu'à l'église Capucino à la façade multicolore, c'est très beau. On doit bien avouer qu'avant d'entamer la visite on est pris d'un fou rire: quelques jours avant, Adeline avait regardé des photos de Córdoba...en Espagne! Autant dire que le décor est légèrement différent!
On a également l'occasion de visiter les locaux de Bitcoin School Argentina, et d'en apprendre plus sur leurs actions pour promouvoir Bitcoin en Argentine et leur travaux avec l'université pour créer un cursus d'éducation. Une visite hors des sentiers battus mais très instructive sur le développement de Bitcoin en Argentine.

Les pistes et la vis maudite
Entre Córdoba et Mendoza, on aurait pu faire du tout droit. Mais on lance dans nos premières vraies piste enfin, on grimpe La Cumbre puis passage un peu sportif par El camino de Brochero, technique mais une vue splendide. Un motard uruguayen croisé à Mina Clavero nous conseille de passer par La Carolina. Ce n'était pas prévu mais on modifie nos plans, c'est aussi ça l'aventure.

Les paysages sont incroyables, on est tellement heureux d'être là. Des lacets, des virages, des parois rocheuses immenses. On change la batterie de la GoPro, ce serait dommage de ne pas filmer. On croise de plus en plus de motards locaux, chargés comme des mulets sur leurs petites cylindrées. Ça questionne pas mal notre vision de la moto en France : si tu n'as pas une 600, tu n'es pas un vrai motard. Ici, peu importe la cylindrée, tout le monde est motard, et c'est plutôt nous qui passons pour des exceptions avec nos grosses motos chargées.
Le soir au camping de Potrero de Funes, Thomas doit régler le ralenti de sa moto un peu trop bas. Tout se passe bien jusqu'au drame : la petite vis qui sert à régler le régime tombe dans un trou noir. Impossible de la retrouver. On cherche pendant presque une heure et demie. Adeline fait à manger pendant ce temps. Et là, le miracle : Thomas retrouve la vis derrière la fixation du cale-pieds. Pourtant, on avait secoué la moto dans tous les sens, démonté toutes les protections. On est soulagé, et après coup on rit de cette aventure. Il est tard, mais au moins c'est réglé.
On se dit qu'on va bien dormir au moins, mais au moment d'aller se coucher, le bar d'à côté lance un concert. La nuit s'annonce compliqué! Vu le niveau sonore, on hésite à y aller mais la flemme. On est crevés. Finalement, vu les émotions de la soirée on s'endort sans problème au son de la musique Argentine.
Mendoza, enfin
On arrive à Mendoza un dimanche soir. 40 °C sur la route, 234 km tout droit depuis San Luis, le GPS qui annonce la ligne droite en face ne se trompe pas. On fait deux pauses : une pour manger burger-frites sur une station autoroutière, une autre pour le café et l'essence à 90 km de l'arrivée. Sur la route des vacances, il y a du monde aux stations. On a le sentiment d'être dans les années 80 : les chargements improbables sur les toits, les petites voitures à fond. Ici, ils ne se tracassent pas avec le confort. Ils partent en vacances et ont l'air très heureux ainsi.

On prend possession de notre appartement pour trois nuits. C'est agréable de retrouver un peu de confort. Au programme : du repos, chiller, et du Kendo avant d'entamer la descente vers le sud.
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