De Mendoza à Bariloche, le début de la Patagonie
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De Mendoza à Bariloche, le début de la Patagonie

La Patagonie, c'est pas juste un mot sur une carte. C'est un enchaînement de paysages qui te laissent sans voix, avec les galères inhérentes aux voyages qui font que ce n'est pas des vacances comme les autres.

Mendoza, c'était le point de bascule. Derrière nous, les grandes plaines argentines et des semaines de tout droit. Devant, la montagne, les pistes, et la Patagonie qui commence à pointer le bout de son nez.


Mendoza : repos et Kendo

Trois jours off à Mendoza. On en profite pour rattraper le retard sur le journal de bord et faire l'entretien des motos. Thomas trouve un petit garage pour changer ses durites d'essence qui commencent à craqueler, maladie bien connues sur les AJP PR7. L'occasion de faire la discussion avec le garagiste et d'avoir des conseils d'itinéraires.

On tourne une vidéo bilan de nos trois mois en Argentine au parc San Martin. La vidéo à deux demande un peu plus de prises que prévu, difficile de se coordonner sans script, mais on sort un truc pas trop mal.

Le Kendo est au rendez-vous. Le club de Mendoza est un peu désert, il faut dire que c'est les vacances: seulement deux casqués et des Kuysha sans armure. Pour autant, nous sommes touchés par l'accueil et le Sensei a l'air ravi d'avoir pratiqué avec Adeline. Il nous offre deux tenugui en partant. On va vraiment finir par manquer de place sur les motos !

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La route 40 et les premières pistes sérieuses

On reprend la route vers Bariloche par la mythique route 40. Les 100 premiers kilomètres depuis Mendoza sont droits mais avec les montagnes en fond, c'est agréable. Puis on bifurque sur le ripio. L'enfer. Pas forcément compliqué en dénivelé, mais du fesh fesh profond par endroit, et on croise des camions qui soulèvent des nuages de poussière de sable. On sera à deux doigts de la chute à plusieurs reprises, mais on s'en sort, sans bobo. 80 km de piste, et ce n'était pas que du bonheur.

Plus loin sur la route, on se croirait dans les gorges du Tarn version Argentine. Beaucoup de monde par ici en pleine période de vacances, l'endroit idéal pour faire du rafting, c'est beau mais bondé. On monte en hauteur, on traverse un barrage hydraulique, vue sur un lac artificiel entouré de roche. Magnifique. On plante la toile dans un camping de pêcheurs.

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C'est là que tout part en vrille. Adeline constate qu'elle a perdu sa casquette et ses tongs, partis au vent sur la route. Thomas s'aperçoit que la bonbonne d'essence de notre réchaud fuit. Il tente de la réparer et casse la coupelle de la pompe: plus de réchaud pour cuisiner. On mange une pizza au bar du camping et on regarde sur Internet pour trouver une solution : sur Mercado Libre, 25 jours de livraison et presque 100 € la nouvelle pompe. On essaye de relativiser et on se dit qu'on verra au Chili. On file se coucher exténués.


La loi des séries

Le lendemain matin, réveil à 7h avec 250 km de piste au programme. On tente de faire la pression des pneus mais le gonfleur ne fonctionne plus... décidement! Adeline pense qu'elle s'y prend mal, Thomas tente sa chance mais c'est un échec. Ok c'est loi des séries !

Alors qu'on se renseigne auprès du gérant du camping pour savoir s'il y un magasin à proximité qui pourrait nous dépanner, il nous apprend que le chemin après El Nihuil est coupé suite aux intempéries. Changement de plan : on file en ville chercher un gonfleur et régler le problème du réchaud. Après quelques tentatives dans des stations et garages, on finit par trouver notre bonheur dans un magasin. Alléluia. Pour le réchaud, pas de distributeur MSR en Argentine, mais on trouve une bouteille de gaz avec une tête pour cuisiner dans un magasin outdoor, ca fera l'affaire pour l'instant. Adeline en profite pour racheter des tongs. Il ne manque plus qu'une casquette.

On repart vers Malargue par la nationale. Au loin, quelque chose qui ressemble à un plan d'eau avec des couleurs rose et violet : les salines de Diamante. On s'arrête, c'est magnifique. Le temps au loin est orageux, ça accentue la beauté du paysage. Au moment de repartir, le gérant du site nous interpelle pour dire qu'on ne peut pas partir : une tempête arrive. On se met à l'abri et effectivement, dix minutes plus tard, c'est une tempête de grêlons impressionnante. On a bien fait de rester !


El Camino de Carqueque

160 km de prévu dans les montagnes, tout en off-road. On ne sait pas trop à quoi s'attendre, mais ça ne devrait pas être trop compliqué. Dès le départ, les paysages sont magnifiques, et plus on s'enfonce dans la montagne, plus on monte en altitude, et plus c'est beau. Indescriptible. On n'avance pas bien vite, on fait de nombreuses pauses photos.

La montée se passe bien, la piste ne présente pas de difficulté particulière. Vers 13h, on s'arrête déjeuner avec vue sur les montagnes après 50 km. Mais quand on monte, il faut redescendre. La vue est toujours incroyable, mais les pilotes sont plus en galère dans les épingles. Adeline chute dans une descente, Thomas l'aide à plusieurs reprises et on finit par s'en sortir.

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À la fin de la dernière descente en lacets, vue plongeante sur une rivière. On se croirait dans un film de fantastique. Puis du ripio plat et large, ça devrait le faire... jusqu'à une grande étendue de sable blanc. C'est très beau, mais Adeline déteste le sable. Embardée sur le bas-côté et paf la moto plantée dans un mètre de sable. Par chance, deux Argentins passent par là en mode rally enduro, et nous aident à sortir la moto. En cinq minutes, l'affaire est réglée. On aurait tellement plus galéré sans eux. On repart, Adeline essaye de reprendre confiance, mais le cerveau a du mal à lâcher.

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La réserve de la Payunia : le jour où tout valait le coup

Le lendemain, on s'engage sur la route 40 puis on bifurque vers la réserve naturelle de la Payunia. On n'a pas vraiment le droit d'y aller sans guide, mais on tente notre chance. La piste est large et facile, les paysages sont déjà magnifiques. On se demande quand même si on a le droit de rouler au milieu des puits de forage et des pipelines, mais on poursuit.

À l'entrée de la réserve, on discute avec les rangers. Ils acceptent de nous laisser passer, à condition de ne pas s'arrêter car les autres visiteurs paient pour accéder au parc. On déjeune devant le bâtiment et on repart vers 14h15. Le chemin touristique s'étend sur 22 km. Vingt-deux kilomètres de pur bonheur. La veille c'était beau, mais là, le paysage est stupéfiant : la piste est noire et rouge de poussière volcanique, avec le végétation jaune, le contraste des couleurs est saisissant. On ne voit pas passer les kilomètres.

Ensuite, c'est la partie difficile annoncée par les gardiens : pierres, sable, un chemin étroit sur 24 km. Et on se prend un orage sur la tronche. Adeline avait proposé de s'arrêter à l'abri avant de s'engager, Thomas espérait devancer l'orage. C'est un échec. On hésite à faire demi-tour, mais on préfère avancer. On finit par se mettre à l'abri sous une bâche de la toile de tente car il grêle. Une belle galère mais on rigole bien.

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On repart, et c'est le drame. Thomas chute dans le sable. Outch, ça pique: sa cheville droite a vrillé. Le pied est bloqué sous la moto. Il faudra l'aide d'Adeline pour se dégager. On ose pas sortir le pied de la botte pour le moment, on reprend nos esprits et on repart pendant qu'il peut encore conduire. On finit par rejoindre la route provinciale en ripio, 90 km jusqu'à la destination. Les kilomètres s'enchaînent, mais c'est un peu long entre la piste en mauvais état et la cheville douloureuse. Et là, la délivrance : la route pour atteindre Rincon del Sauce vers 20h15.

250 km de off-road dans une journée, on est cramé. On décide de dormir à l'hôtel, mais la ville est une ville pétrolière et tout est hors budget. 130 000 pesos la nuit dans le premier hôtel venu. Il est 20h30, et avec la cheville douloureuse on décide de rester quand même. On mangera des nouilles chinoises ce soir. Au moins, le lit est ultra confortable.


Chos Malal et un asado inoubliable

Au réveil la cheville de Thomas est toujours très douloureuse, on décide de tracer par la "route" à Chos Malal pour s'y reposer quelques jours... sauf qu'on configure le GPS sur "route fun", grosse erreur. il faut croire qu'ici ils considèrent les pistes non entretenue comme des routes, la journée sera particulièrement difficile, avec plusieurs chutes pour Adeline. Thomas garde son calme toute la journée, soutenant Adeline au moment où elle flanchait, et ce malgré son pied douloureux. Ces journées difficiles nous apprennent à former un binôme : quand l'un craque, l'autre prend le relais.

Dans le relais motard de Chos Malal, le repos fait du bien. Et surtout, il y a l'asado. C'est une tradition ici : Nestor, le propriétaire, en fait régulièrement pour partager des moments conviviaux avec les voyageurs. Autour de la table ce soir : Stuart, un Anglais qui ne parle pas un mot d'espagnol, Pablo et Pablo (oui deux), Nestor et un troisième Argentin. On passe la soirée à alterner anglais, espagnol et français. On parle politique, économie, voyage. Thomas finira à 2h30 du matin à discuter de Bitcoin avec l'un des Pablo. Notre maîtrise de l'espagnol nous permet désormais d'entrer vraiment en interaction avec les gens, et c'est une des parties les plus importantes du voyage.


La route 40 vers Bariloche

On repart de Chos Malal avec le pied de Thomas en meilleure forme. Adeline a vérifié le tracé avec Nestor : route ou ripio facile, pas de vrai off-road difficile. On passe par la provinciale 21 sur ses conseils, c'est plus facile. C'est beau, on se régale. On fait une pause photo devant le monument qui signale la moitié de la route 40. On n'a pas tout fait, mais symboliquement, on prend quand même la photo.

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On s'arrête une nuit à Caviahue, au bord d'un lac au milieu des montagnes. La Patagonie est en train de conquérir notre coeur. On passe par la cascade del Agrio, pas aussi impressionnante qu'Iguazu, mais l'eau est bleu turquoise. C'est très beau.

Quelques jours plus tard, on arrive à Junin de los Andes avec une crevaison lente sur l'Himalayan. Un hameçon planté dans le pneu qui après plusieurs jours a fait son chemin jusqu'à la chambre à air. Tellement pas de chance ! On trouve une gomeria pour réparer. Pendant qu'on attend, un vieux monsieur nous propose des coins à visiter et le garagiste nous offre du maté: l'accueil des Argentins est vraiment incroyable! Finalement, en moins d'une heure c'est réparé, on échange des stickers et on reprend la route.


Bariloche et l'attente du pneu

Bariloche, c'est une station de sports d'hiver sans télésiège ni tire-fesses, ce qui est assez étonnant. Tout est très cher. On voulait prendre un goûter face au lac, les prix nous ont dissuadés. On profite quand même de cette escale pour rencontrer Philippe et sa compagne, qui descendent à Ushuaia et remontent par la route 40.

Le Kendo est bien évidemment au rendez-vous. Le club a tout juste un an mais la prof fait partie de l'équipe d'Argentine. On passe un super moment.

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Mais le vrai sujet, c'est le pneu arrière de l'Himalayan qui doit être changé. On attend la livraison pendant 3 jours. Adeline n'arrête pas de demander à Thomas s'il a reçu un message. Le pneu arrive finalement, on file au garage, on pensait que ce serait réglé en 30 minutes. On attendra 1h30 sur place, tranquilo tranquilo... Le pneu est monté, la tension de chaîne faite, mais le prix fait mal : 300 € le pneu arrière. On espère qu'il fera au moins 10 000 km !

On repart enfin. 125 km jusqu'à El Bolson dans un petit camping charmant. Il annonce 5° cette nuit. Heureusement qu'on a de bons duvets.

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